Poésies de Paul Verlaine

frPoésie française

A

  • A Albert Mérat

    Et nous voilà très doux à la bêtise humaine,
    Lui pardonnant vraiment et même un peu touchés

  • A Charles Baudelaire

    Je ne t'ai pas connu, je ne t'ai pas aimé,
    Je ne te connais point et je t'aime encor moins :

  • A Clymène

    Mystiques barcarolles,
    Romances sans paroles,
    Chère, puisque tes yeux,
    Couleur des cieux,
    Puisque ta voix, étrange

  • A George Verlaine

    Ce livre ira vers toi comme celui d'Ovide
    S'en alla vers la Ville.
    Il fut chassé de Rome ; un coup bien plus perfide

  • A Horatio

    Ami, le temps n'est plus des guitares, des plumes,
    Des créanciers, des duels hilares à propos

  • A la louange de Laure et de Pétrarque

    Chose italienne où Shakspeare a passé
    Mais que Ronsard fit superbement française,
    Fine basilique au large diocèse,

  • A la manière de Paul Verlaine

    C'est à cause du clair de la lune
    Que j'assume ce masque nocturne
    Et de Saturne penchant son urne

  • A la princesse Roukhine

    C'est une laide de Boucher
    Sans poudre dans sa chevelure
    Follement blonde et d'une allure
    Vénuste à tous nous débaucher.

  • A la promenade

    Le ciel si pâle et les arbres si grêles
    Semblent sourire à nos costumes clairs
    Qui vont flottant légers avec des airs

  • A Madame X...

    En lui envoyant une pensée
    Au temps où vous m'aimiez (bien sûr ?),
    Vous m'envoyâtes, fraîche éclose,
    Une chère petite rose,

  • Tous les poèmes de Paul Verlaine débutant par la lettre A

B

C

  • C'est l'extase langoureuse

    C'est l'extase langoureuse,
    C'est la fatigue amoureuse,
    C'est tous les frissons des bois
    Parmi l'étreinte des brises,

  • Cauchemar

    J'ai vu passer dans mon rêve
    - Tel l'ouragan sur la grève, -
    D'une main tenant un glaive
    Et de l'autre un sablier,
    Ce cavalier

  • Ces passions qu'eux seuls nomment encore amours

    Ces passions qu'eux seuls nomment encore amours
    Sont des amours aussi, tendres et furieuses,
    Avec des particularités curieuses

  • Chanson d'automne

    Les sanglots longs
    Des violons
    De l'automne
    Blessent mon coeur
    D'une langueur
    Monotone.
    Tout suffocant
    Et blême, quand

  • Chanson pour elles

    Ils me disent que tu es blonde
    Et que toute blonde est perfide,
    Même ils ajoutent " comme l'onde ".

  • Charleroi

    Dans l'herbe noire
    Les Kobolds vont.
    Le vent profond
    Pleure, on veut croire.
    Quoi donc se sent ?
    L'avoine siffle.

  • Chevaux de bois

    Tournez, tournez, bons chevaux de bois,
    Tournez cent tours, tournez mille tours,
    Tournez souvent et tournez toujours,

  • Child wife

    Vous n'avez rien compris à ma simplicité,
    Rien, ô ma pauvre enfant !
    Et c'est avec un front éventé, dépité

  • Circonspection

    Donne ta main, retiens ton souffle, asseyons-nous
    Sous cet arbre géant où vient mourir la brise

  • Clair de lune

    Votre âme est un paysage choisi
    Que vont charmant masques et bergamasques
    Jouant du luth et dansant et quasi

  • Tous les poèmes de Paul Verlaine débutant par la lettre C

D

  • Dans l'interminable ennui de la plaine

    Dans l'interminable
    Ennui de la plaine
    La neige incertaine
    Luit comme du sable.
    Le ciel est de cuivre
    Sans lueur aucune.

  • Dans la grotte

    Là ! Je me tue à vos genoux !
    Car ma détresse est infinie,
    Et la tigresse épouvantable d'Hyrcanie

  • Dernier espoir

    Il est un arbre au cimetière
    Poussant en pleine liberté,
    Non planté par un deuil dicté, -

  • Donc, ce sera par un clair jour d'été

    Donc, ce sera par un clair jour d'été ;
    Le grand soleil, complice de ma joie,
    Fera, parmi le satin et la soie,

  • Dédicace

    Vous souvient-il, cocodette un peu mûre
    Qui gobergez vos flemmes de bourgeoise,
    Du temps joli quand, gamine un peu sure,

E

  • Ecoutez la chanson bien douce

    Ecoutez la chanson bien douce
    Qui ne pleure que pour vous plaire,
    Elle est discrète, elle est légère :

  • Ecrit sur l'album de Mme N. de V.

    Des yeux tout autour de la tête
    Ainsi qu'il est dit dans Murger.
    Point très bonne. Un esprit d'enfer
    Avec des rires d'alouette.

  • Effet de nuit

    La nuit. La pluie. Un ciel blafard que déchiquette
    De flèches et de tours à jour la silhouette

  • En bateau

    L'étoile du berger tremblote
    Dans l'eau plus noire et le pilote
    Cherche un briquet dans sa culotte.

  • En robe grise et verte avec des ruches

    En robe grise et verte avec des ruches,
    Un jour de juin que j'étais soucieux,
    Elle apparut souriante à mes yeux

  • En septembre

    Parmi la chaleur accablante
    Dont nous torréfia l'été,
    Voici se glisser, encor lente
    Et timide, à la vérité,

  • En sourdine

    Calmes dans le demi-jour
    Que les branches hautes font,
    Pénétrons bien notre amour
    De ce silence profond.

  • Es-tu brune ou blonde ?

    Es-tu brune ou blonde ?
    Sont-ils noirs ou bleus,
    Tes yeux ?
    Je n'en sais rien mais j'aime leur clarté profonde,

  • Et j'ai revu l'enfant unique : il m'a semblé

    Et j'ai revu l'enfant unique : il m'a semblé
    Que s'ouvrait dans mon coeur- la dernière blessure,

F

  • Femme et chatte

    Elle jouait avec sa chatte,
    Et c'était merveille de voir
    La main blanche et la blanche patte
    S'ébattre dans l'ombre du soir.

G

  • Green

    Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
    Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.

  • Grotesques

    Leurs jambes pour toutes montures,
    Pour tous biens l'or de leurs regards,
    Par le chemin des aventures

H

I

  • Il faut, voyez-vous, nous pardonner les choses

    Il faut, voyez-vous, nous pardonner les choses :
    De cette façon nous serons bien heureuses

  • Il ne me faut plus qu'un air de flûte

    à Francis Poictevin.
    Il ne me faut plus qu'un air de flûte,
    Très lointain en des couchants éteints.

  • Il pleure dans mon coeur

    Il pleure dans mon coeur
    Comme il pleut sur la ville ;
    Quelle est cette langueur
    Qui pénètre mon coeur ?

  • Images d'un sou

    De toutes les douleurs douces
    Je compose mes magies !
    Paul, les paupières rougies,
    Erre seul aux Pamplemousses.

  • Impression de printemps

    Il est des jours - avez-vous remarqué ? -
    Où l'on se sent plus léger qu'un oiseau,
    Plus jeune qu'un enfant, et, vrai ! plus gai

  • Impression fausse

    Dame souris trotte,
    Noire dans le gris du soir,
    Dame souris trotte
    Grise dans le noir.
    On sonne la cloche,

  • Intérieur

    A grands plis sombres une ample tapisserie
    De haute lice, avec emphase descendrait

J

K

  • Kaléidoscope

    (A Germain Nouveau)
    Dans une rue, au coeur d'une ville de rêve
    Ce sera comme quand on a déjà vécu :

L

M

  • Mains

    Ce ne sont pas des mains d'altesse,
    De beau prélat quelque peu saint,
    Pourtant une délicatesse
    Y laisse son galbe succinct.

  • Mais Sa tête, Sa tête !

    Mais Sa tête, Sa tête !
    Folle, unique tempête
    D'injustice indignée,
    De mensonge en furie,
    Visions de tuerie

  • Malines

    Vers les prés le vent cherche noise
    Aux girouettes, détail fin
    Du château de quelque échevin,

  • Mandoline

    Les donneurs de sérénades
    Et les belles écouteuses
    Echangent des propos fades
    Sous les ramures chanteuses.

  • Marine

    L'Océan sonore
    Palpite sous l'oeil
    De la lune en deuil
    Et palpite encore,
    Tandis qu'un éclair
    Brutal et sinistre

  • Mon rêve familier

    Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
    D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime

  • Monsieur Prudhomme

    Il est grave : il est maire et père de famille.
    Son faux col engloutit son oreille. Ses yeux

  • Mort !

    Les Armes ont tu leurs ordres en attendant
    De vibrer à nouveau dans des mains admirables

N

O

P

  • Pantomime

    Pierrot, qui n'a rien d'un Clitandre,
    Vide un flacon sans plus attendre,
    Et, pratique, entame un pâté.

  • Pantoum négligé

    Trois petits pâtés, ma chemise brûle.
    Monsieur le Curé n'aime pas les os.
    Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule,

  • Parfums, couleurs, systèmes, lois !

    Parfums, couleurs, systèmes, lois !
    Les mots ont peur comme des poules.
    La chair sanglote sur la croix.

  • Paris

    Paris n'a de beauté qu'en son histoire,
    Mais cette histoire est belle tellement !
    La Seine est encaissée absurdement,

  • Paysages Belges

    Briques et tuiles,
    O les charmants
    Petits asiles
    Pour les amants !
    Houblons et vignes,
    Feuilles et fleurs,
    Tentes insignes

  • Pensionnaires

    L'une avait quinze ans, l'autre en avait seize ;
    Toutes deux dormaient dans la même chambre.

  • Per amica silentia

    Les longs rideaux de blanche mousseline
    Que la lueur pâle de la veilleuse
    Fait fluer comme une vague opaline

  • Pierrot

    Ce n'est plus le rêveur lunaire du vieil air
    Qui riait aux aïeux dans les dessus de porte ;

  • Pour E...

    J'aime ton sourire
    Qui m'accueille si
    Gentiment ! Ainsi
    Le soleil salue
    L'humble fleur des champs
    Échappée aux gens.

  • Pourquoi triste, ô mon âme

    Pourquoi triste, ô mon âme
    Triste jusqu'à la mort,
    Quand l'effort te réclame,
    Quand le suprême effort
    Est là qui te réclame ?

  • Tous les poèmes de Paul Verlaine débutant par la lettre P

Q

R

  • Résignation

    Tout enfant, j'allais rêvant Ko-Hinnor,
    Somptuosité persane et papale
    Héliogabale et Sardanapale !

S

  • Sagesse d'un Louis Racine, je t'envie !

    Sagesse d'un Louis Racine, je t'envie !
    O n'avoir pas suivi les leçons de Rollin,

  • Sappho

    Furieuse, les yeux caves et les seins roides,
    Sappho, que la langueur de son désir irrite,

  • Si tu le veux bien, divine Ignorante

    Si tu le veux bien, divine Ignorante,
    Je ferai celui qui ne sait plus rien
    Que te caresser d'une main errante,

  • Simples fresques

    1
    La fuite est verdâtre et rose
    Des collines et des rampes
    Dans un demi-jour de lampes
    Que vient brouiller toute chose.

  • Soleils couchants

    Une aube affaiblie
    Verse par les champs
    La mélancolie
    Des soleils couchants.
    La mélancolie
    Berce de doux chants

  • Son bras droit, dans un geste aimable de douceur

    Son bras droit, dans un geste aimable de douceur,
    Repose autour du cou de la petite soeur,

  • Sonnet boiteux

    Ah ! vraiment c'est triste, ah ! vraiment ça finit trop mal,
    Il n'est pas permis d'être à ce point infortuné.

  • Spleen

    Les roses étaient toutes rouges
    Et les lierres étaient tout noirs.
    Chère, pour peu que tu ne bouges,

  • Sur l'herbe

    - L'abbé divague. - Et toi, marquis,
    Tu mets de travers ta perruque.
    - Ce vieux vin de Chypre est exquis

  • Sur le balcon

    Toutes deux regardaient s'enfuir les hirondelles :
    L'une pâle aux cheveux de jais, et l'autre blonde

T

  • There

    ( A Émile Le Brun)
    "Angels" ! seul coin luisant dans ce Londres du soir,
    Où flambe un peu de gaz et jase quelque foule,

  • Torquato Tasso

    Le poète est un fou perdu dans l'aventure,
    Qui rêve sans repos de combats anciens,

  • Tournez, tournez, bons chevaux de bois

    Tournez, tournez, bons chevaux de bois,
    Tournez cent tours, tournez mille tours,
    Tournez souvent et tournez toujours,

  • Toute grâce et toutes nuances

    Toute grâce et toutes nuances
    Dans l'éclat doux de ses seize ans,
    Elle a la candeur des enfances
    Et les manèges innocents.

  • Tristia

    Je n'avais pas connu l'Ennui,
    Pourtant jusqu'au jour d'aujourd'hui
    Je vivais et mourais de lui.
    Ce depuis l'atroce journée

  • Tu crois au marc de café

    Tu crois au marc de café,
    Aux présages, aux grands jeux :
    Moi je ne crois qu'en tes grands yeux.
    Tu crois aux contes de fées,

  • Tu fus une grande amoureuse

    Tu fus une grande amoureuse
    À ta façon, la seule bonne
    Puisqu'elle est tienne et que personne
    Plus que toi ne fut malheureuse,

  • Tu n'es pas du tout vertueuse

    Tu n'es pas du tout vertueuse,
    Je ne suis pas du tout jaloux :
    C'est de se la couler heureuse
    Encor le moyen le plus doux.

U

  • Un dahlia

    Courtisane au sein dur, à l'oeil opaque et brun
    S'ouvrant avec lenteur comme celui d'un boeuf,

  • Un grand sommeil noir

    Un grand sommeil noir
    Tombe sur ma vie :
    Dormez, tout espoir,
    Dormez, toute envie !
    Je ne vois plus rien,
    Je perds la mémoire

  • Un pouacre

    Avec les yeux d'une tête de mort
    Que la lune encore décharne,
    Tout mon passé, disons tout mon remords,

  • Une Sainte en son auréole

    Une Sainte en son auréole,
    Une Châtelaine en sa tour,
    Tout ce que contient la parole
    Humaine de grâce et d'amour ;

V

  • Va ton chemin sans plus t'inquiéter

    Va ton chemin sans plus t'inquiéter !
    La route est droite et tu n'as qu'à monter,
    Portant d'ailleurs le seul trésor qui vaille,

  • Va, chanson, à titre-d'aile

    Va, chanson, à titre-d'aile
    Au-devant d'elle, et dis-lui
    Bien que dans mon coeur fidèle
    Un rayon joyeux a lui,

  • Vendanges

    Les choses qui chantent dans la tête
    Alors que la mémoire est absente,
    Ecoutez, c'est notre sang qui chante...

  • Vers dorés

    L'art ne veut point de pleurs et ne transige pas,
    Voilà ma poétique en deux mots : elle est faite

  • Vers pour être calomnié

    Ce soir je m'étais penché sur ton sommeil.
    Tout ton corps dormait chaste sur l'humble lit,

  • Vers sans rimes

    Le bruit de ton aiguille et celui de ma plume
    Sont le silence d'or dont on parla d'argent.

  • Voeu

    Ah ! les oaristys ! les premières maîtresses !
    L'or des cheveux, l'azur des yeux, la fleur des chairs,

  • Voix de l'Orgueil : un cri puissant comme d'un cor

    Voix de l'Orgueil : un cri puissant comme d'un cor,
    Des étoiles de sang sur des cuirasses d'or.

  • Vous êtes calme, vous voulez un voeu discret

    Vous êtes calme, vous voulez un voeu discret,
    Des secrets à mi-voix dans l'ombre et le silence,